Léopold Delisle, matricule 62218

Monument "Shot at dawn". Le nom de Leopold Delisle est inscrit surl'un des 300 poteaux au second plan. Photographe : Harry Mitchell. La photographie a pu être tronquée. Voir les sources pour l'originale.
La Première Guerre mondiale fait beaucoup de morts et pas uniquement sur le champ de bataille. La justice militaire frappe elle aussi, pour l’exemple, comme dans le cas des soldats atteints par l’obusite (voir encadré en bas de page) et exécutés comme simulateurs.

Concernant les pays du Commonwealth, 348 soldats dont 25 Canadiens sont mis à mort pour désertion, meurtre ou lâcheté après des procès expéditifs. Léopold Delisle fait partie de ceux-là. Son dossier de service mis en ligne par les Archives nationales du Canada laisse croire que peut-être ce journalier (salarié recruté à la journée) de 22 ans n’avait pas toute sa tête.
Les médecins militaires de l’époque ne savent pas comment qualifier les chocs nerveux dont les militaires souffrent sur le front. Delisle souffrait-il de ce qu’on appelle aujourd’hui le syndrome de stress post-traumatique? Difficile à dire. Ses ennuis commencent dès juin 1915 avec des accusations d’insubordination et d’ivresse. En septembre il est envoyé à Ypres, en Belgique. Il reste six mois dans les tranchées. En avril 1916, Delisle frappe un officier et est condamné à un an de prison. Après sa sortie, son dossier médical signale des convulsions. Delisle ne va pas bien.  Il est hospitalisé deux fois pour «NYDM» (not yet diagnosed mental), un diagnostic qui dit l’incapacité des médecins à comprendre de quoi il souffre. Le 29 mars, il manque à l’appel et est arrêté sept jours plus tard à Camblain-l’Abbé, près d’Arras. Accusé d’avoir « déserté le service de Sa Majesté », Delisle est incarcéré et condamné à l’issue d’un procès expéditif d’une journée. Thomas-Louis Tremblay, commandant du 22e Bataillon, demande la peine capitale et tient à ce que l’exécution soit publique. Une fois Delisle exécuté, le commandant Tremblay fait  défiler toute l’arrière-garde du bataillon devant le cadavre pour bien rappeler à chacun le prix de la désertion. Delisle est ensuite enterré au cimetière militaire de Bellacourt, au sud-ouest d’Arras.

 

Sources et articles de référence
Archives nationales du Canada
Article de l’Actualité
Mémoire du Québec
Monument “Shot at dawn”
Le nom de Leopold Delisle est inscrit sur l’un des 300 poteaux au second plan de la photographie.
La photographie a pu être tronquée. Voir les sources pour l’originale.
Photographe : Harry Mitchell. Licence Creative Commons 4.0.

3 020 - 01 03 31 16_issue_serie_Apo Issue de la série documentaire Apocalypse, la Première Guerre mondiale